le masque par michel saulnier

Le Masque 

Il sortit un masque à usage unique de son sachet d’emballage et entreprit de le positionner sur son visage. Il saisit délicatement l’élastique entre le pouce et l’index en prenant soin de ne pas toucher le masque proprement dit au cas où ce satané virus Covid 19 aurait traîné ses multiples pattes crochues sur ses mains: Il contourna l’oreille droite , puis l’oreille gauche et relâcha l’élastique qui prit un malin plaisir à s’enrouler autour de la branche de ses lunettes. En passant devant le miroir de l’entrée , il jeta un coup d’oeil curieux afin de voir de quoi il avait l’air. Les élastiques , probablement trop courts pour son visage ( eh oui , les masques étaient à taille unique ) lui tiraient les oreilles vers l’avant en les décollant. Il avait un peu l’air de Mikey Mouse mais il se consola en se disant : « à la guerre comme à la guerre » De plus on ne me reconnaîtrait pas en avançant masqué. Ce matin , c’était le rendez vous au parking des Fontennelles organisé par le VEM tous les premiers dimanches du mois. Ii allait y retrouver les passionnés de véhicules anciens. Il démarra sa voiture. Le moteur se mit à gronder de plaisir à l’idée de retrouver ses congénères. Il avait laissé fermer la capote de son cabriolet vu la fraîcheur matinale. En roulant , il pensa à tous ces ayatollahs  de l’écologie qui voulaient interdire de rouler tous les véhicules de collection . La fabrication de la batterie de leur vélo électrique ainsi que l’extraction des minerais nécessaires à leur fabrication polluaient certainement beaucoup plus que les quelques centaines de kilomètres que les véhicules anciens parcouraient chaque année. Oui mais voilà , la pollution se faisait en Afrique ou en Asie et c’était loin , alors ça ne comptait pas. Sans parler de l’énergie dépensée à la fabrication du courant pour recharger les batteries et les tonnes de matériaux déversés dans la nature quand la batterie était devenue irrécupérable. Il approchait maintenant du lieu de rassemblement. La foule des passionnés et les curieux virevoltaient autour des voitures qui leur rappelaient tant de souvenirs. Les enfants écarquillaient les yeux devant ces machines d’une autre époque. Il s’approcha d’un groupe d’amis qu’il reconnut malgré le port du masque et les casquettes qui ne laissaient voir que les yeux , mais dans ses yeux ,  il pouvait voir une merveilleuse étincelle : cela s’appelait le plaisir.

Michel Saulnier.  

4 thoughts on “le masque par michel saulnier”

  1. Dommage Michel mais derrière ton masque j’ai reconnu ta plume, enfin je veux dire ta belle écriture…
    Signé
    Le dessineupeinteu.

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